Energie-Santé - Rencontre des thérapeutes du corps et de l'esprit

Les « cafés suspendus », pour « passer au suivant »…

« Changer le monde », un café à la fois, fait « tâche d’huile » de par le monde… Le changement est en route !

Pour Julie Gilbert, propriétaire du café montréalais Ô deux sœurs, dans Rosemont, à Montréal, les cafés « suspendus » qu’elle offre depuis quelques mois créent un lien entre ses clients réguliers et ceux qui sont dans le besoin. Depuis mai 2013, ce petit restaurant est devenu le premier établissement Montréalais à prendre part au mouvement des « cafés en attente ».

Un « Café en attente », c’est quoi ?
café en attente, suspendu
café en attente, suspenduLe caffè sospeso (en français : « café suspendu, en attente ») est à l’origine une tradition de solidarité, pratiquée dans les bars napolitains.
Elle consiste – pour un Napolitain heureux, quelle qu’en soit la raison – à commander un café et en payer deux, un pour lui et un autre pour un client qui pourrait en avoir besoin plus tard.
café en attente, suspendu
Le 10 décembre 2011, la Giornata del Caffè Sospeso (Journée du café suspendu) a été instaurée avec le soutien de plusieurs organisations culturelles et le maire de Naples, Luigi De Magistris. Depuis quelques mois, ce concept pourtant centenaire, connaît un nouvel essor international : partout dans le monde, des communautés locales voient le jour. Bénévoles au sein de la communauté du Québec, nous avons pris l’initiative de créer ce site, avec le désir de promouvoir ce bel élan de solidarité.

Lorsque charité et solidarité se rencontrent
café en attente, suspendu
De nouveaux venus ont fait leur apparition en 2013 sur les menus de certains cafés indépendants et petits restaurants du Québec. « Cafés en attente », « sandwichs suspendus » et « bouffe solidaire » sont devenus autant de manières de faire du bien avec peu.
café en attente, suspendu
café en attente, suspenduLe tableau noir est tout simple. Au menu : cafés, sandwichs et soupes, tous « en attente ». Loin d’être une nouvelle méthode de torréfaction ou de cuisson, la mise en suspens de produits alimentaires consiste ni plus ni moins qu’à donner au suivant.
café en attente, suspendu
« Ce n’est pas compliqué, explique Julie Gilbert, propriétaire du café Ô deux sœurs, situé à deux pas du métro Rosemont. Les gens viennent ici, ils achètent un café, une soupe ou un sandwich pour eux et un pour quelqu’un dans le besoin. » De plus, dit-elle : « Cette version « alimentaire », un peu basée sur le système de « donner au suivant » n’est pas seulement un geste de charité, mais aussi et surtout de solidarité… ».
café en attente, suspendu
Ouvert depuis trois ans, ce commerce de quartier a adopté le principe au début de l’été 2013 : il était alors le premier de la métropole. D’abord arrivée au Québec par l’entremise de l’équipe du Tam Tam Café, au cœur du quartier Saint-Roch de Québec, l’idée européenne a rapidement fait des petits de notre côté de l’Atlantique.
café en attente, suspendu
Depuis avril dernier — mois au cours duquel ce café indépendant a ajouté à son menu les victuailles solidaires —, une dizaine d’autres se sont joints au mouvement. Alors que la nouvelle année débute, il est maintenant possible de mettre des cafés en suspens aux quatre coins de la province, de Tadoussac à Montréal en passant par Sherbrooke et Beloeil.
café en attente, suspendu
« Tout le monde le faisait déjà, soutient la propriétaire du café rosemontois avec un sourire convaincu. Mais personne ne l’assumait vraiment. » C’est à la suite d’un échange estival qu’elle-même a décidé de se lancer officiellement dans l’aventure. Elle a confectionné une ardoise et hop ! le tour était joué. Le bouche-à-oreille a fait le reste du travail.

Le cœur sur la main
café en attente, suspendu
café en attente, suspenduD’aussi loin qu’elle se souvienne, Julie Gilbert a toujours aimé aider les autres. « Depuis quelque temps, il y a un monsieur qui vient au restaurant tous les jours et j’adore m’en occuper, explique-t-elle. Je lui sers souvent une soupe ou un café et dernièrement, on lui a même fourni un manteau. »
Pour la propriétaire, le principe des cafés en attente ne viendra que rendre plus habituelle une aide qu’elle qualifie de nécessaire dans les grandes villes comme Montréal. « Il y a tellement de gens qui en ont besoin, affirme-t-elle. Si ça peut les réconforter ne serait-ce qu’un petit peu, on pourra dire mission accomplie. »
café en attente, suspendu
Les employés du commerce, situé au coin du boulevard Rosemont et de la rue St-Hubert, ont déjà pensé à des alternatives en cas d’une trop grande affluence due aux cafés en attente. « Si on voit qu’on reçoit trop de gens, on fera des boîtes à lunch pour emporter et les gens dans le besoin pourront aller les manger dans le parc, juste en face du restaurant. »
café en attente, suspendu
Le commerce de Julie Gilbert est le deuxième au Québec à se joindre au mouvement. Le Tam Tam café, situé à Québec, a été le premier à le faire, en avril dernier. Sur Facebook, les gens étaient visiblement heureux de l’arrivée des cafés en attente à Montréal. « C’est vraiment génial! J’y adhère et j’espère que plusieurs le feront », a écrit, notamment Lynda Kara.


Clients et commerçants
café en attente, suspendu
café en attente, suspenduC’est d’ailleurs cette nouvelle rumeur urbaine — et une page Facebook bien partagée — qui a mené, à la mi-novembre, Patrick Pilon, propriétaire du Café-Bistro Bobby Mcgee, à prendre le relais à son tour. « Ça « fitte » parfaitement ici, lance-t-il dans un éclat de rire. Tu es socialiste ou tu ne l’es pas ! »
café en attente, suspendu
Plus sérieusement, il explique qu’il s’agit d’une initiative somme toute banale pour les tenanciers. « Il ne faut pas oublier que ce sont les clients qui payent. Ce sont des gens qui sont contents de débourser 10 $ de plus pour offrir deux sandwichs à des étrangers. »
café en attente, suspendu
Pour les commerçants, il s’agit surtout de créer un lien entre les consommateurs réguliers et ceux qui n’ont plus les moyens de se payer un simple café, même si ce n’est parfois que pour un temps.
café en attente, suspendu
« Il n’y a pas juste des itinérants, insiste Julie Gilbert. Ça peut être un étudiant qui est au bout de ses prêts et bourses et qui, avec ses vingt heures de travail par semaine, n’arrive plus. Ou encore quelqu’un qui commence un nouvel emploi et qui n’a pas eu sa première paye. Je ne suis pas là pour juger et tout le monde peut, un jour, ressentir le besoin d’être aidé. »
café en attente, suspendu
Même son de cloche dans Hochelaga-Maisonneuve, bien qu’il s’agisse là du quartier montréalais où les indicateurs de pauvreté sont les plus élevés. « Au-delà des problèmes sociaux, ce sont surtout des gens qui vivent beaucoup d’exclusion, ajoute Patrick Pilon. Venir demander un café ou un sandwich, c’est parfois quelque chose de très nouveau pour eux. »
café en attente, suspendu
Difficile, parfois, lorsqu’on a le ventre plein, de concevoir ce que des gestes aussi simples demandent à ceux qui n’ont pas eu de quoi se remplir la panse depuis quelques jours. « On ne s’en rend pas compte, mais venir dans un lieu public et faire le choix de ce qu’on va manger peut vraiment être ardu quand ça ne fait plus partie de notre quotidien », renchérit la propriétaire du café Ô deux sœurs.
café en attente, suspendu
Et c’est justement ce lent processus de « réinsertion » qu’elle veut intégrer tranquillement au concept des cafés suspendus. « La première fois se résume souvent à un café pour emporter. Ça peut prendre quelques semaines avant que la personne décide de rester pour manger, souligne la jeune entrepreneure. Récemment, une dame a même donné un rendez-vous galant sous le couvert des cafés suspendus. ».
café en attente, suspendu
Où trouver un commerce ayant rejoint ce mouvement de générosité, au Québec ?
Sur la liste des commerces « Café en attente au Québec » !

La bonne fortune
café en attente, suspendu
café en attente, suspenduLa tradition est née à Naples, dans le sud de l’Italie, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Elle voulait alors que celui à qui la chance sourit prenne un caffè sospeso — ou café suspendu — pour ainsi partager sa bonne fortune.
café en attente, suspendu
« C’est le moins qu’on puisse faire, soupire Patrick Pilon. On m’a déjà dit que personne ne planifie de finir dans la rue. Ça se déglingue vite, une vie, quand ça va mal, et ces gens, malgré leurs problèmes actuels, ont tous un passé. »
café en attente, suspendu
Dans l’absolu, nul ne sait ce que l’avenir lui réserve. Devant cette incertitude, ces propriétaires au cœur sur la main préfèrent donner au suivant, quitte à ne jamais rien recevoir en retour.

Et ailleurs dans le monde ?
café en attente, suspendu
Actuellement, 195 commerces sont référencés dans 19 pays (138 villes). Liste ICI

Le phénomène du « Café en attente » : la solidarité…

Et autour de nous ?
café en attente, suspendu
Cette excellente idée de solidarité, de charité, née en en Italie du Sud avant de rejoindre le Québec et de se propager à travers le monde, ne pourrait-elle pas trouver sa place autour de chez nous, dans la ville, le village, où nous vivons, où les besoins sont les mêmes ?
café en attente, suspendu
Les clients et les commerçants sont-ils prêts à jouer le jeu ?
Pour le savoir, rien de plus simple à vous qui lisez ces lignes : tentez l’expérience avec votre café, votre commerçant favori… vous offrez un café « en attente » et lui, l’annonce clairement, afin que celles et ceux dans le besoin osent le demander… Et il y a beaucoup plus de personnes dans le besoin que l’on pense… Ceux réellement dans le besoin ne le disent pas forcément « haut et fort »…
café en attente, suspendu
Dans de nombreuses villes en France, des commerces emboîtent le pas : Beauvais, Chambéry, Grenoble, Evreux, Lyon … et beaucoup d’autres !
De nombreuses pages Facebook organisées autour du concept « Le café en attente » sont créées et permettent de transmettre l’information très rapidement…

Comment participer, « faire cela » ?
café en attente, suspendu
C’est très simple et clairement expliqué sur le site : www.coffeesharing.com
Tout le monde peut participer…
café en attente, suspendu
Un événement Facebook « Le café en attente » regroupant de nombreuses initiatives Françaises a été créé. Vous y trouverez les adresses des commerçants participants, comment participer…

café en attente, suspenduCafés, baguettes, kebabs, livres…
café en attente, suspendu
C’est en regardant la page Facebook des Indignés en mars 2013, que Stéphanie Dupin, employée dans une association de réinsertion pour les jeunes à Rouen, a été conquise par l’idée. Elle en parle à son voisin qui tient le café-restaurant Le zèbre à pois, dans le centre de la cité . Il est tout trouvé pour démarrer le mouvement, son petit établissement étant régulièrement récompensé par le prix du meilleur accueil, délivré par la ville. « C’est parti très fort et nous avons maintenant largement dépassé les 200 cafés offerts », indique le cafetier Olivier Lenoble, qui ne compte pas son temps pour faire vivre le concept. Outre les SDF qui viennent dès l’ouverture, Olivier Lenoble sait repérer la retraitée modeste ou l’étudiant désargenté à qui offrir le café.
café en attente, suspendu
L’établissement lyonnais Des galets bleus la nuit, à la Croix-Rousse, a rejoint le mouvement qui s’est développé ces derniers mois de Brest à Bayonne, de Bordeaux à Mulhouse et de Nantes à Carcassonne, sortant même du café pour conquérir d’autres commerces. Deux petites boulangeries du Puy-de-Dôme ont ainsi lancé le mouvement de la « baguette en attente ». Il y a maintenant des sandwiches, des kebabs, des viennoiseries… et même des « repas réservés », lancés à Mulhouse par David Petit, employé dans un magasin de bricolage. Un client paye un deuxième repas et reçoit un ticket tamponné avec mention du prix. Il peut l’offrir à une personne de son choix ou à une association. « Nous avons déjà plus de 100 tickets et plus de 60 restaurants adhérents », affirme-t-il.

Un monde meileur ou Passez au suivant, au Québec.

Michaël Féron, bouquiniste à Rouen, met des livres en attente. Il demande 2 euros aux clients donateurs. « La personne qui réclame choisit son livre. S’il coûte plus que 2 euros, je mets la différence », avance-t-il. Places de spectacle, jouets, vêtements… Le concept peut encore être bien élargi. Pour coordonner le tout, des associations ont été créées à Nantes sous le nom de Tout en attente, ainsi qu’aux Lilas , en région parisienne, sous la bannière Eveil.
café en attente, suspendu
Bientôt, un site Internet dédié
Afin que ce bel élan de générosité s’inscrive dans la durée, « il faut lever toutes les barrières de défiance », estime à Lyon Wilfried Lacour, qui anime le mouvement sur Facebook. Pour que chacun sache mieux ce que font les autres, un site Internet est en cours de construction à Montpellier.

Principales sources :
• Café en attente : www.cafeenattente.org
• Coffee Sharing : www.coffeesharing.com
• Facebook : Facebook: le-cafe-en-attente
• Le Devoir : www.ledevoir.com
• L’Express : www.lexpress.fr
• TVA Nouvelles : www.tvanouvelles.ca


2 Commentaires
  1. Christine Bisson dit :

    Je suis émerveillée par ces idées. Avec maintenant les réseau sociaux, je vais partager et aimerais participer.
    Merci pour ce beau partage

  2. Elisabetta dit :

    Bella iniziativa, basta che sia fatta con il cuore.
    traduction Google : « Bonne initiative, c’est juste que c’est fait avec le coeur. »

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.