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Biocarburants : pas forcément écologiques

Cet article fait suite à : Biocarburants ou, comment affamer la planète
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L’utilisation de biocarburants semblait, au départ, une idée bénéfique pour diminuer la pollution. Le rêve écologique tourne au cauchemar, un désastre pire que le pétrole en émissions de gaz à effet de serre (GES) et en destruction de milieux naturels.
En effet, des études montrent que le coût environnementale n’est pas neutre.
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Les atteintes à l’environnement vont de la superfertilisation et l’acidification des sols agricoles à la perte de la diversité des espèces.
L’Université du Minnesota (Etats-Unis) a étudié les effets à long terme de la conversion de terres non cultivables (forêts, savanes, marais, etc) en terres agricoles destinées à la production d’agrocarburants. Joseph Fargione et ses collègues ont calculé la « dette en carbone » due à l’abattage des arbres, et il s’avère que cette dette en carbone est, selon les pays, 17 à 420 fois plus importante que la diminution annuelle des émissions de gaz à effet de serre due à l’utilisation des agrocarburants.
biocarburantsA l’Université de Princeton (Etats-Unis), une étude menée par Timothy Searchinger et ses collègues, montre que même aux Etats-Unis, la généralisation des carburants agricoles risque d’aggraver l’accumulation des gaz à effet de serre : la conversion massive des prairies et des forêts en champs de maïs destinés à la production de bioéthanol et l’utilisation de ce carburant doublera les gaz à effet de serre sur 30 ans et continuera de les augmenter pendant 167 ans.
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Un rapport de la Chambre des communes britannique, déclare que : « Le soutien aux biocarburants a été prématuré au regard des risques environnementaux importants associés aux technologies actuelles. ».

Les agrocarburants ne sont donc pas une solution au problème
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Reste que les chercheurs continuent leur recherche et la solution la plus prometteuse semble être la production de biocarburants à partir d’algues. Les algues ont une croissance fulgurante et regorgent des féculents et huiles nécessaires aux biocarburants. Leur aquaculture serait aussi moins nocive sur l’environnement.
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Selon l’Institut de recherche de la Kansas State University, on peut produire annuellement 200 litres d’huile à partir du soya sur l’équivalent d’un terrain de football. Avec des algues, on fabrique plus de 30 000 litres et pas besoin d’un sol cultivable. Avantage non négligeable, l’algue absorbe du CO2 et autres gaz pour sa croissance.
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biocarburantsD’autres chercheurs recommanderaient de s’orienter vers le développement d’un nouveau type de biocarburant : la biomasse (déchets agricoles et forestiers) pourrait être une meilleure solution pour produire des biocarburants. Le développement de nouvelles procédures de production et de fabrication devrait déboucher sur de meilleurs bilans écologiques pour les biocarburants, selon l’Empa, (Institut de recherche suisse).
« Compte tenu de son écobilan, l’utilisation de déchets et de résidus à des fins énergétiques constitue la meilleure option pour remplacer les carburants fossiles », écrit l’Empa. La production n’engendre pas de fortes nuisances et les émissions polluantes découlant du traitement des déchets peuvent être réduites.Le bois obtient également de bons résultats. Dans ce cas, la production de matières premières ne porte que très faiblement atteinte à l’environnement, souligne l’Empa. L’étude a été réalisée sur mandat des Offices fédéraux de l’énergie (OFEN), de l’environnement (OFEV) et de l’agriculture (OFAG).

Le sorgho : l’avenir de l’éthanol ?
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biocarburantsLe sorgho est une culture adaptée aux terrains secs. En effet, pour une même surface de culture, le sorgho consomme deux fois moins d’eau que le maïs et huit fois moins que la canne à sucre. Par ailleurs, la plante peut être transformée en éthanol et le grain conservé pour l’alimentation, ce qui permet de ne pas créer de problèmes liés à la sécurité alimentaire. Enfin, le coût de la culture est cinq fois moins élevé que celui de la canne à sucre.
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Un institut de recherche, l’Indian Crops Research Institute for Semi Arid Tropics (ICRISAT) a donc travaillé sur cette plante et en a produit une variété améliorée.
Les graines ont été distribuées à des paysans de l’Andra Pradesh, dont les terres semi-arides se prêtent bien à la culture du sorgho. Le projet est mené en partenariat avec une distillerie locale. Celle-ci traitera le sirop qui est produit dans les centres de collecte où les agriculteurs apportent le produit de leur récolte. Ce partenariat public-privé devrait permettre d’augmenter les revenus des agriculteurs concernés, l’objectif est d’arriver à couvrir 1.600 hectares pendant la prochaine période d’ensemencement.

Le PDG de Nestlé fortement opposé aux biocarburants
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Les opposants aux biocarburants viennent de recevoir un soutien aussi important qu’étonnant en la personne de Peter Brabeck, le PDG de Nestlé. Peter Brabeck n’a en effet pas caché son opposition au projet européen d’intégrer à terme 20 % d’agrocarburants dans le réservoir des véhicules de l’Union européenne.
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biocarburantsSans mettre la forme, P. Brabeck a ainsi déclaré que « Si l’on veut couvrir 20 % du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n’y aura plus rien à manger ». A ce titre, « Accorder d’énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable ». Par ailleurs, il souligne également qu’alors que les terres cultivables sont un bien rare, la production d’un litre de bioéthanol nécessite aussi 4000 litres d’eau…
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L’intervention du PDG du numéro 1 mondial de l’agroalimentaire alors que la directrice du Programme Alimentaire Mondial (PAM) devant le Parlement européen, Josette Sheeran avait déjà averti les eurodéputés que « Le changement d’orientation de nombreux exploitants en faveur de la production des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire », ajoutant que « Les prix alimentaires atteignent un tel niveau que celui de l’huile de palme, en Afrique, est désormais au niveau des prix du carburant ».
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Les biocarburants font de plus en plus l’objet de déclarations mettant en avant le fait de privilégier la production énergétique au détriment de l’alimentaire. Il est de plus en plus évident que la production dite « durable » d’agrocarburants, d’après de nombreuses d’études montrent qu’ils contribuent à la hausse des prix alimentaires, à la déforestation, à la destruction de la biodiversité, à l’aggravation de l’effet de serre (largage du CO2 séquestré dans les forêts rasées)…

Jean Ziegler demande un moratoire sur les biocarburants
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biocarburantsCraignant une « hécatombe », le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation demande un moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants à partir de plantes vivrières.
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Faits à partir de maïs ou de céréales, ces carburants feront grimper les prix de ces denrées de base, aggravant les situations de faim dans le monde.
Les biocarburants doivent être produits à partir de plantes non alimentaires, de déchets agricoles et de débris végétaux, plutôt qu’à partir de cultures vivrières, afin d’éviter des augmentations massives de prix des céréales, aggravant la situation de la faim dans le monde, affirme Jean Ziegler.

Une année de maïs pour un plein
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biocarburantsLe rapporteur souligne que pour faire le plein d’une voiture au biocarburant, soit 50 litres, il faut environ 200 kilos de maïs, quantité qui permet de nourrir une personne pendant un an.
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Outre le Brésil et les Etats-Unis, principaux pays producteurs, Ziegler critique l’Union européenne qui a fixé à 5,75 % la part des agrocarburants dans l’énergie utilisée pour les transports d’ici à 2010 et à 10 % d’ici à 2020.
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Prenant l’exemple du Brésil, le rapporteur de l’ONU déplore que les plantations de canne à sucre destinées à la production de biocarburants s’étendent aux dépens des cultures vivrières. Car en moyenne, ces dernières font vivre entre sept et dix agriculteurs sur 10 hectares, alors que pour la même surface, la canne à sucre n’offre qu’un seul emploi.
Ainsi, le prix du maïs pourrait augmenter de 20 % d’ici à 2010, les prix des oléagineux de 26 % et ceux du blé de 11 %, indique Jean Ziegler dans son rapport à l’Assemblée générale.

Martyrs et réfugiés de la faim
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Selon le document, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation s’accroîtra de 16 millions chaque fois que le prix réel des aliments de base augmentera de 1 %. Cela veut dire que d’ici à 2025, 1,2 milliard de personnes connaîtront la faim.
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biocarburantsAujourd’hui déjà, le nombre des affamés continue d’augmenter dans le monde : 12 millions de plus en une année, soit 854 millions. Et 36 millions de personnes meurent chaque année de ne pas manger suffisamment.
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Dans son rapport, Jean Ziegler demande également que les Etats élaborent un nouveau traité sur les réfugiés de la faim. Il plaide pour la reconnaissance au minimum d’un « principe de non-refoulement provisoire » pour les personnes menacées de sous-alimentation.
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« Il faut mettre un terme au drame humain qui se déroule en Méditerranée. Les Européens y répondent seulement par des moyens militaires. Les réfugiés de la faim ne sont pas des réfugiés économiques. Ils luttent pour leur survie », martèle le rapporteur de l’ONU

Les biocarburants ne sont pas la panacée.
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Jackie Thouny


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